PROCESSUS MONOMANIAK

Encore un inédit d’Aphex twin paru sur le label Rephlex en 1993 sous le pseudonyme de Bradley Strider. Un morceau ludique, entêtant, rythmé, et légèrement inquiétant, bref du grand AFX !

Ce sublime morceau d’Aphex Twin, “Stone in Focus”, date de 1994, il était disponible uniquement avec les versions Vinyle et K7  de “Selected Ambient Works vol.2”. Un chef-d’œuvre musical qui fait appel à notre intériorité pour explorer sa densité intime et vertigineuse.

"J’ajoute - et c’est le secret de mon énergie comme de mon chagrin : écrivain, ce qui signifie pétrie de tant de livres, il y a en moi quelque chose de chacun, aussi ne puis-je jamais m’attacher entièrement, ni comprendre la haine. C’est le cadeau empoisonné de la littérature : comprendre, comme le disait Robert Browning, que jamais personne ne vécut sur cette Terre sans avoir son propre point de vue.

Ne pas comprendre la haine, s’identifier à chacun, n’avoir pour soi que sa voix, être vivante, et ne pas craindre de changer l’image que l’on a de soi-même, disait Cassandre.

C’est à cela qu’on reconnaît les amoureux des livres.”

Geneviève Brisac

Estampe “Centaure” de Pierre Roche.

Estampe “Centaure” de Pierre Roche.

Bureau de Jules Roy.

Bureau de Jules Roy.

The Spinet, de Thomas Wilmer Dewing (1902).

The Spinet, de Thomas Wilmer Dewing (1902).

Stereo, de David Cronenberg (1969).

Stereo, de David Cronenberg (1969).

"La conversion a pour but de préparer un autre avenir. Encore faut-il que le sujet dispose de ce pouvoir d’inventer et de réinventer l’avenir. Il faut être assuré que le sujet est déjà libre, avant de proposer une nouvelle attitude existentielle : c’est ce sujet, ce Désir-sujet qui aura à la mettre en œuvre.

La conversion est précisément le travail par lequel le sujet redécouvre en lui-même son propre pouvoir de création, pouvoir qu’il a déjà exercé dans le déploiement malheureux de son amour et de ses souffrances. C’est parce qu’il était déjà libre, à un premier niveau, spontané et irréfléchi, dans la création de la situation conflictuelle et dans l’adoption simultanée des attitudes d’exigence, de souffrance et de condamnation, que le sujet aura le pouvoir de créer d’autres significations, d’autres valeurs et d’autres attentes. Il sera passé à un second niveau, celui de la réflexion. Alors il lui sera possible de concevoir puis d’instaurer une nouvelle éthique qui serait génératrice non de souffrance mais de joie.”

Extrait de La joie d’amour, de Robert Misrahi

"L’esprit robuste charge sur lui tous ces fardeaux pesants : tel le chameau qui sitôt chargé se hâte vers le désert, ainsi lui se hâte vers son désert.

Mais au fond du désert le plus solitaire s’accomplit la seconde métamorphose : ici l’esprit devient lion, il veut conquérir la liberté et être maître de son propre désert. il cherche ici son dernier maître : il veut être l’ennemi de ce maître, comme il est l’ennemi de son dernier dieu ; il veut lutter pour la victoire avec le grand dragon.

Qui est le grand dragon que l’esprit ne veut plus appeler ni dieu ni maître ? “Tu dois” s’appelle le grand dragon. Mais l’esprit du lion dit : “je veux.”

"Tu dois" le guette au bord du chemin, étincelant d’or sous sa carapace aux mille écailles, et sur chaque écaille brille en lettres dorées : "tu dois !"

Des valeurs de mille années brillent sur ces écailles et ainsi parle le plus puissant de tous les dragons : “Tout ce qui a valeur brille sur moi. Tout ce qui est valeur a déjà été créé, et c’est moi qui représente toutes les valeurs  créées. En vérité, il ne doit plus y avoir de ‘Je veux’ !” Ainsi parle le dragon.

Mes frères, pourquoi est-il besoin du lion de l’esprit ? La bête robuste qui s’abstient et qui est respectueuse ne suffit-elle pas ?

Créer des valeurs nouvelles, le lion même ne le peut pas encore : mais se rendre libre pour la création nouvelle, c’est ce que peut la puissance du lion.

Se faire libre, opposer une divine négation, même au devoir : telle, mes frères, est la tâche où il est besoin du lion.”

Extrait de Ainsi parlait Zarathoustra, de Friderich Nietzsche

Manuscrit de “120 jours de Sodome”, écrit par le Marquis de Sade à la Bastille en 1785.

Manuscrit de “120 jours de Sodome”, écrit par le Marquis de Sade à la Bastille en 1785.

"Somerset Maugham disait qu’il y avait trois règles fondamentales pour écrire un bon roman… mais que personne ne les connaît ! Moi, je n’en ai qu’une : j’écris 500 mots tous les jours, six jours sur sept. Au bout d’un an, vous avez un roman. Et pour cela, je me lève à 5 h 45 le matin. A 6 h 15, je m’installe à mon bureau après avoir bu plusieurs cafés. J’ai l’angoisse au ventre. Mais si on est un écrivain, on vit en permanence dans l’angoisse. La peur est fondamentale : si on ne l’éprouve pas, on ne peut rien écrire de bon. C’est un sentiment qui fait partie du processus de création. La discipline permet de la surmonter. Et je m’astreins à écrire mes 500 mots chaque jour avant de m’accorder d’autres activités, comme aller au cinéma ou flâner, ou boire un verre avec des amis.
Cela va à l’encontre de l’idée très romantique que l’artiste ne doit créer que sous le coup de l’inspiration, après quelques verres d’absinthe mais, pour moi, un vrai écrivain doit avoir une discipline. Sans elle, pas d’art, pas de roman. Bien sûr, il y a des jours où l’inspiration est plus forte…”

Douglas Kennedy